C’est depuis Modane que je pars pour une randonnée d’environ 130 kilomètres qui est, il faut l’avouer, l’une des plus belles, sinon la plus belle que j’ai effectuée depuis que je fais du vélo en Savoie... Modane, c’est la porte vers le paradis terrestre qu’est la Haute Maurienne... Des paysages sauvages, à vous couper le souffle, au sein d’une nature préservée, le tout tapi dans un écrin magnifique : la haute montagne... La montée me conduit d’abord à Villarodin, puis Bramans... Plus je progresse en altitude, plus les paysages dévoilent leur beauté... De part et d’autre de la vallée, de hauts sommets enneigés m’accompagnent. Il fait froid, un froid glacial, vif, car nous sommes déjà fin août, les marmottes ne vont pas tarder à hiberner, et les monts encapuchonnés de neige nous montrent que l’hiver n’est pas loin... J’arrive à Lanslebourg, puis entame une montée vers le Col du Mont Cenis, que j’atteins rapidement... 2088 mètres d’altitude, un panorama exceptionnel, mais je ne m’attarde pas en raison du froid...En redescendant, j’arrive à Lanslevillard, puis, pour remonter, je décide d’emprunter un chemin de traverse qui me conduit vers le Col de la Madeleine (1713 m), qui a son homonyme au dessus de la Chambre... Je redescends ensuite vers Bessans, un des mes villages favoris, tapi dans un cadre somptueux... C’est à ce moment là que je réalise combien je suis chanceux de vivre dans ce si beau département qu’est la Savoie...Puis, Bonneval sur Arc me dévoile toute sa splendeur... J’ai atteins le dernier village de Haute Maurienne, à plus de 1850 mètres d’altitude. Village classé parmi les plus beaux de France... Mais je ne m’arrête pas là... Je prends une petite route qui me conduit au bout du monde : le dernier hameau du dernier village de Haute Maurienne, l’Ecot, que j’atteins après une ascension de 5 kilomètres sur une route fort escarpée. Mais le paysage en vaut la peine, car ce petit hameau, encore habitée de façon permanente jusqu’en 1963, est sans doute l’un des plus préservé de France... Je réalise combien la vie ici devait être rude au début du siècle, pour ses habitants coupés du monde 7 mois sur 12, vivant en quasi autarcie...Je suis à plus de 2050 mètres d’altitude, et il y a bien de la vie dans ces maisons, dans cet univers quasi totalement minéral, sans végétation aucune... La vision de la petite chapelle Saint Marguerite, avec en toile de fonds des sommets atteignant plus de 3000 mètres sera la plus belle de la journée...
Le chemin du retour se fera par le même que celui de l’aller, avec quelques haltes au passage, dans ces petits villages merveilleux, et une pause terroir à Termignon avec l’achat d’un savoureux Bleu de Termignon, fromage délicieux de ce pays...
Au départ de Modane, deux cols prestigieux s'offrent à nous : Le Mont Cenis, et l'Iseran...La montée vers le Col de l'Iseran, qui est un peu plus longue que le versant tarin (mais nettement plus belle!), est une alternance de montée (qui nous font passer de 1054m à 1865m) et de petites descentes... La véritable difficulté commence à Bonneval, pour 14 kilomètres d'ascension...
Termignon en Vanoise, et son Eglise...La ville de Termignon est célèbre dans la vallée pour son fromage, le bleu de Termignon...
L'Eglise de Lanslebourg, point de départ pour l'ascension du Col du Mont Cenis... Il est difficle de croire que ce village abritait une gare de chemin de fer, à l'époque ou le train passait par le Col, de Saint Michel de Maurienne, à Suse en Italie. Il a fonctionné à partir de 1854, pendant seulement 4 années, avant la perfiration du Tunnel du Mont Cenis...
La montée vers le Col du Mont Cenis... Nous surplombons Lanslebourg...

Vue sur la vallée, depuis le Col du Mont Cenis... Après la Seconde Guerre Mondiale, le Col, qui marquait en fait la frontière entre la France et l'Italie, a été intégralement rétrocédé à la France, de même que tout le plateau, afin d'éviter des bombardements sur Lanslebourg...
Le Col du Mont Cenis, qui, avant 1947, marquait la frontière entre la France et l'Italie... Suse est à une vingtaine de kilomètres en contrebas...
Le plateau du Mont Cenis, et le Lac du Barrage... Cette partie, qui représente environ 88 kilomètres carrés, a été rétrocédée à la France au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale...

De 1861 (lendemain du rattachement de la Savoie à la France) à 1947, cette borne, sise au Col du Mont Cenis, marquait la frontière entre la France et l'Italie.

Après la rapide descente du Col du Mont Cenis, nous arrivons à Lanslevillard...
En passant par cette petite route, qui rejoint la route principale de l'Iseran, nous passerons au Col de la Madeleine, à 1713m, et en profiterons au passage pour voir quelques marmottes...
La Chapelle de Sainte Madeleine, au Col du même nom...

Après le Col de la Madeleine, je me dirige vers Bessans...
Vue générale du village de Bessans...

L'Eglise Saint Antoine
La croix de la Passion à Bessans, est une réalisation qui surprend par son originalité, et auquel le curieux que je suis ne peut s’empêcher de s’arrêter... Elle est constituée d’un ensemble hétéroclite de symboles liés à la vie du Christ... Je ne les ai pas tous en tête, mais on y voit les trente pièces d’or que Judas à reçu en l’échange de sa trahison, le coq annonçant la mort de Jésus, le fouet qui servit à le battre, les clous qui servirent à le crucifié, la couronne d’épines...

Sur la route reliant Bessans à Bonneval, les glaciers, et derrière, l'Italie...

Nous quittons Bessans, direction, Bonneval sur Arc, à 6 kilomètres de là...

Petite maison aux toits de lauze, sur la route menant à Bonneval...

Nous arrivons à
Bonneval sur Arc, dernier village de Haute Maurienne, tapi à près de 1900 mètres d'altitude... Bonneval est classé comme un des plus beaux villages de France... Les photos suivantes se passent de commentaire...

Les grebons, qui étaient des bouses de vaches séchées, constituaient jadis le seul combustible. En effet, nous sommes en altitude, le bois était rare et servait uniquement à la construction des maisons et pour l'agriculture... En fait, il n'y avait pas de chauffage au feu de bois dans les maisons, car la chaleur des bêtes, qui cohabitaient avec les propriétaires, suffisait à réchauffer les pièces... On ne se servait des grebons que pour chauffer les aliments...


Après avoir quitté Bonneval, je me dirige vers le hameau de l'Ecot, par une petite route de montagne, sur environ 5 kilomètres, avec des pourcentages importants...

Le hameau de l'Ecot, que nous distinguons en haut à gauche de la photo, se confond avec la nature environnante...
Le hameau de l’Ecot, le dernier hameau du dernier village de Haute Maurienne, sis à près de 2050 mètres d’altitude, auquel on accède par une petite route fort escarpée... Ce village comptait plus de 150 habitants au XVIII ème siècle, il avait son école jusqu’en 1920... La population est tombée au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, pour disparaître totalement avec le départ du dernier habitant permanant en 1963... On compte aujourd’hui quelques habitants peuplant le village en été uniquement, mais certains y restent tout de même 7 mois par an... On a dû mal à imaginer les conditions dans lesquelles vivaient les habitants jadis : pas d’eau courante, pas d’électricité, le chauffage étant assuré par les bêtes qui vivaient dans la pièce principale de la maison, la viande était rare, le pain était fabriqué pour l’année entière. Pendant les 7 mois que durait l’hiver, on vivait avec peu, mais on quittait le hameau pour se rendre à la messe à Bonneval... 10 kilomètres aller-retour, dans le froid, la neige, sur de mauvais chemins... L’été, les habitants allaient en alpage, sur des altitudes comprises entre 2000 et 2600 mètres, tout comme le reste de la population de Bonneval, faire les foins, cultiver le peu de terre disponible ; parfois, on se rendait dans des foires, en Maurienne ou en Tarentaise, vendre les bêtes, ou à travers les hauts cols, dans le Piémont acheter ou vendre un troupeau, pratiquer la contrebande...

La chapelle Saint Marguerite, qui, dans son aspect actuel, date du XIIème siècle...

Maison de l'Ecot...

Petite ruelle du hameau...

Vue générale du hameau...
ARVI